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Sidamour


Lettre à l'amant

Alors ça y est. Toi aussi.Je n'arrive pas à me le représenter. J'étais un des seuls à connaître ton homosexualité et pour causes, je suis un des seuls à connaître ta séropositivité. Pour une fois que tu étais positif en quelque chose, tu t'es démerdé pour que ce soit quand même négatif ; ta révolte te tuera, tu sais. Toi qui te vantais d'être O négatif: "Je suis homo négatif, j'ai ça dans le sang !" disais-tu.
On peut rire de tout, hein ? C'est bien ça qu'il nous reste quand on ne sait plus que dire. S'en tirer avec un bon mot: "...avec panache, une plume dans le cul et un doigt en l'air, à moins que ce ne soit l'inverse ?!" ou un conseil: "...face au pire, il faut sourire, il faut rire, il faut jouer !"
J'avais eu peur, c'est vrai, au début de l'endémie mondiale, et puis le virus avait trouvé d'autres "populations" à infiltrer. Des marginaux encore. Ça arrangeait bien l'Eglise. Et puis le virus est devenu humaniste-mondialiste, forcément anti-clérical, hétéro-polygame en tout cas. Et puis je n'y ai plus pensé. Jusqu'à ta confession. Encore en humour, encore en gêne, encore en fuite: "...j'ai baisé un espagnol, j'ai baisé un russe, ils m'ont dit oui tous les deux, qui suis-je ?" Ce n'était pas malin, je ne t'ai pas cru, je n'ai pas voulu te croire, et pourtant.
Toi mon éponyme, mon ami d'enfance, mon agitateur de principes, toi, tu me fais ça ? Quoi ? Qui l'accepterait sans broncher ? sans sombrer bêtement dans l'abîme des lieux communs ? Qui ? J'ai revu nos parcelles de vie commune, nos premières expériences, nos découvertes, nos étonnements, les heures passées dans la cabane à faire les cochons, et puis nos déviances, nos routes qui se séparent, comme un enfant jette le bâton de sa glace. Je t'aime.
Tu vois, pour un peu, on deviendrait croyant. Nos parents se sont libérés de tabous, de morale, de 2.000 ans de christianisme. Ils ont nargués le Saigneur de leur humanité. C'était les années 70, c'était le "love and peace". Dix ans d'euphorie. Dix ans de répit. Et le retour de bâton ? Admettons. Mais s'Il existe, c'est vraiment un Con. Qu'est-ce que ça veut dire que cette agression aveugle ? Dieu se prend pour un terroriste ? Dieu est intégriste ? sûrement remarque, que pourrait-Il être d'autre. Mais alors qu'Il vienne ici, on a deux mots à Lui dire. Comment justifiera-t-Il la mort des innocents ? de ceux qui ne pouvaient pas savoir, de ceux qui ne savaient pas pouvoir, et des enfants. J'imagine comment Il pourrait le justifier... un instant: je vais vomir.
Donc ce Dieu ne peut pas exister. C'est plutôt une bonne nouvelle. Pas de Paradis: pas d'Enfer, que de l'oubli et des vers. Et de l'oubli, oubli, serai-je assez fort pour t'accompagner ? m'en voudras-tu de ne pas pouvoir/vouloir/savoir. J'ai horreur de la détresse, c'est un miroir. Tiens bon, ils vont trouver. A défaut de dieu croyons en l'Homme, si l'on avait commencé par là seulement, par là, par l'Homme. Tant d'amis ont déjà disparu. Pendant combien d'années encore mes amis disparaîtrons, et moi ? Je ne peux pas te regarder autrement que bien-portant, c'est tellement sournois en dedans, c'est peut-être mieux finalement, ça te laisse une chance de vivre apparente. L'habit ne fais pas le moine: c'est pour la calotte.
Je n'ai pas de solution à te proposer.

Rien de neuf sous l'utopique.
Que de l'amour et de l'espoir,
ça ne coûte pas grand-chose,
mais ce doit être précieux,
nous en sommes si avares.
Tu vois, déjà je n'y arrive pas, je ne sais pas réagir face à ce problème. On nous apprend à nous protéger de la maladie, à nous méfier, aussi, de l'autre, pas à nous aimer. Enfin, j'essayerais d'être là, comme je pourrais, si tu le souhaites.
J'espère que cette lettre t'arriveras à temps. Je t'embrasse. Je t'aime. A bientôt...
Stéphane Laurent
La musique s'arrête
J'abandonne mes desseins
Mon coeur tremble au dedans de moi
Le regard cynique, aimanté
De la liberté erre sur mon chemin
Mon oeil épie le crépuscule
Mais ma langue ne lêche
qu'une tombe
Aujourd'hui mon épée
Restera dans son fourreau
Ces hommes sortent leurs filets
les couples, eux, aiguisent leurs
manteaux comme un glaive
Eros et Thanatos se scindent
les écluses des cieux s'ouvrent
Il n'y a plus de larmes sur
les visages.
Oisif je poursuis mon voyage
en cherchant le défaut de ta cuirasse...
Miguel Marie-Sainte
Soleil indiscret
Le soleil à travers les persiennes venait lui caresser le visage. Son jeu d'ombres et de lumière en dévoilait sa candeur altière.
J'étais déjà levé depuis l'aurore.
Ce matin, fait étrange, la jeune hirondelle n'était pas venue se poser sur le rebord de la fenêtre. Sans doute était-elle déjà partie.
Partant pour la réveiller, je suis finalement resté là, béat de sa fraîcheur. Encore enivré de notre odeur, étourdi de son étreinte, submergé par ses baisers. J'aurais voulu encore lui offrir tant et plus, et même ma vie. Pour nous. Ensemble. Veine à veine. Coeur à coeur. Osmose.
Elle ne m'a pas attendu. Elle a migré elle aussi. Disparue. Elle sourit encore.
Nectar de vie, une larme était venue se loger sur sa pommette innocente que j'avais tant embrassée.
Un rayon lumineux profanait notre sanctuaire. Le soleil à travers les persiennes venait lui caresser le visage. Elle ne le verrait pas aujourd'hui.
   Elle n'avait pas fauté. Victime.
        Malade.
            Ultime au revoir.
                Suprême offrande.
                    Le soleil à travers les persiennes.
Elle ne le verra pas.
    Elle ne le verra plus.
Marie-Cécile Masdounier
Une étoile crie son amour
Seul le macabre effroi lui répond
Nuit de marbre
La gorgone verte secoue sa chevelure
L'écho renvoie le râle des mourants
Et le tonnerre des canons vengeurs
Une larme de sang coule des yeux de la statue

Qui pourra faire taire la plainte
Des papillons de feux
Qui arrêtera les flashs bleus
Et l'hallucinante crainte

Rites étranges dans la grotte
Prend la hache de pierre
Lève-la sur la tête blême
Abat-la! abat-la!
A bas la guerre !

Voluptes mystiques
Encens qui brûle
Pavot qui se consumme
Chevauche l'extase
Laisse-leur les fumées noires
Et les massacres

Déchire les velours
Brûle les atours
Laisse ton corps au vestiaire
Viens danser avec les dragons désinvoltes
Surtout ne met pas en terre
Tes folies tes révoltes
Crache-leur ton mépris
Et viens flotter par ici

Hurle avec nous
Faudrait enfin que t'apprennes
Toi aussi la rage et à la crier
Crache-leur ton mépris
Et viens flotter par ici
Viens flotter par ici...
Audrey Mendez
La troisième étoile violette m'appelle
Dans le ciel rouge
Embrase-moi
Avant ton départ
Marchons comme sur des noyés
Ondulons doucement
Le battement de ton sang
Palpite en moi
Caresse
La plaie béante
Le gouffre immense
M'aspire
Chaque souffle
Appelle au secours
Alors oublions-nous
Dans notre étreinte
Que la transe
Ne prenne jamais fin
Frappe
Peut-être le démon
Enfoui s'enfuira, hors de moi
Le rythme
Balance mon corps
La transe salvatrice
ne finira pas
Déchire
Avant qu'ils ne plantent
Leurs crocs
Les monstres sont au dehors
Vient en moi
Protèges-nous
Sois plus lent
Tu échapperas
Peut-être aux spectres
Cadavres pleins de vice
Dansons
Violemment
Fuyons ensemble
Loin, loin...
La ronde ne prendra jamais fin
L'exorciste est venu
Plein de croix et d'acier
Il est vaincu, je l'ai tué
Je ne prie plus,
J'ai assez expié
Foudroie-moi
Si tu veux,
folie de tes yeux
Coma boiteux
Main possédée
Délivre-moi
Enchaîne-moi
L'enfer est à deux doigts
Viens avec moi
Dans la transe des possédés
Pour nous pauvres écorchés
Elle ne s'arrêtera jamais
Jamais.
Titube et prend de l'air
encore une fois
Tu expireras mieux.
Transe infinie...
nous deux.
Audrey Mendez
La brêche s'est ouverte
Le 7e dragon l'a avalée
Le serpent mort sa queue
Et se ronge infiniment
Le bébé pleure dans les ruines
condamné à crever lentement
Je t'aime
Et veut te tuer
Suicide
L'acide des mots coule
Me suicider en toi
Pleure toi aussi
Nous allons mourrir
En nous dévorant
Pour ne plus rien laisser
Au gouffre égoïste
Crie avec moi
Je t'haine.
Audrey Mendez
Mes rêves d'enfant.
C'est l'haleine tiède sur ma nuque, sur un sifflement rauque et fétide. C'est mon coeur qui bat à tout rompre. C'est ma course enfiévrée devant la bête, aux couleurs d'étouffement. C'est le tapement mat sur le goudron de la cour d'école que je dévale. C'est mon battement effréné de bras pour m'envoler. je ne me retourne pas. Je sais quelle est la bête plurielle qui me poursuit, la bête du rêve ; d'autres enfants. C'est l'exhalation putride de leur haine pour moi je les sens presque m'attraper, poser leurs mains sur mes épaules, mon dos le bas de mon vêtement, des mains metteuses-en-pièces, des mains-mâchoires qui se referment sur l'air que je viens de quitter. Je saute un peu, je cours, cours, cours, bientôt la grille blanche vais-je leur succomber. Mais le miracle se produit et je m'envole in extremis le corps collant de sueur, ne leur laissant à eux en bas qui s'écrasent avec un bruit sec contre la grille qu'un petit chiffon rouge, à eux qui restent englués en bas.
Un jour, môme fantasque que j'étais, perdue entre rêve et réalité, j'ai couru en sautillant et battant comme par jeu des bras dans la pente de l'école. Et j'y croyais, que j'allais m'arracher à la terre, comme dans le rêve, j'y croyais jusqu'à deux mètres du portail, j'y croyais jusqu'à un mètre, jusqu'à un peu avant de repousser le portail de mes paumes...
Je me suis retournée: Pas de bête rauque, sans doute, objectivement, juste des petits d'humains, des gamins jouant avec leur cruauté insoupçonnée dans une cour de récréation. Je croyais que jamais plus je ne me sentirai aussi seule.
Mon rêve m'avait trahie, je l'ai trahi à mon tour.
Plus tard j'ai décidé de m'envoler autrement. Je me suis encagée dans une solitude pire encore, et pire à venir.
Les fleurs de ces paradis sont vénéneuses.
Mes rêves se sont vengés la bête est en moi.
Au fur et à mesure que mon corps se déglingue, elle me rappelle que je vais bientôt les rejoindre.
Audrey Mendez
Moi, virus:
Qu'est-il de plus invivable, insurmontable que l'indifférence ? Voilà déjà dix années que j'existe, que je vis au plus profond de l'humanité, et c'est aujourd'hui seulement que l'on daigne me considérer, m'accorder une importance, & non des moindres.
Durant toute une décennie, je n'ai fait que lutter afin de survivre, de me frayer un passage dans les abîmes de l'homme, de me nourrir de sa déchéance, de veiller à mon développement... non sans effort, d'ailleurs ! Nul autre que moi n'a pu, en si peu de temps, détruire autant de vies, les ruiner. Oui, les ruiner car mon existence n'a de sens que dans la décrépitude, la destruction de celui qui demeure mon seul & unique maître: l'homme.
Cause de ma naissance, source de ma prolifération, l'homme désormais me redoute car il lui est impossible de me contrôler, de me battre... bien qu'il tente de me combattre. Je vis en lui, de lui ; chaque parcelle de son corps m'appartient, chacune de ses rémissions m'offre un répit ; répit qui me permet de l'attaquer davantage. Non seulement je le ronge, mais je l'isole également de la vie & des autres: mort & solitude sont pour l'homme que j'habite une évidence on ne peut plus flagrante, sans échappatoire aucun. Même si, jusqu'à présent, c'est à moi que revient le beau rôle, celui de maître, je ne peux m'ôter l'idée qu'un jour je mourrai peut-être à mon tour. Alors bourreau de la horde des anticorps, je deviendrai victime. Je me laisserai ronger, détruire tout autant que je le fis & la fin pour moi viendra me sourire ; la fin me fera entrer dans les archives des plus grands maux de ce siècle ; ainsi reposerai-je dans le néant, non sans l'espoir de renaître sous un jour nouveau afin de ne point demeurer à jamais loin de ce monde des appâts rances...
Karine Meshoub
Intra Muros

Dans le chaos de la pièce, les mots me narguent ou me blessent, insuffisants et inutiles, ils me regardent et s'esquivent...

une machine ronronne et des enfants crient ;
une porte grince, s'entrouve, se referme.
L'invité est le vent et un léger frisson ; l'invité se répand, prend place en un instant... Et les chiffres défilent, lentement tortionnaires, narguant le souvenir de leurs paires austères.
Ca ne me touche plus. J'aurais pu, j'aurais dû...
Renvoyer tout ces gens, vomir leurs sentiments, leurs regards indécis sur "l'effroyable-sursis"...
J'aurais pu, j'aurais dû...
Poser ailleurs mon lit et y répandre mon corps comme un rêve qui s'endort...
Ensevelir enfin tout ces conditionnels et regarder le ciel d'une tour de Babel. En chasser les corbeaux, leur "sacro-saint fléau" qui noircit la lumière du soir, ce lourd rideau.
Redécouvrir l'espoir en écoutant leurs cris qui retournent à la nuit...
une machine ronronne et des enfants crient ;
une porte grince, s'entrouve, se referme.

...Regarder le soleil
Lucille Degot


Poison amer et lent,
Sournois et silencieux
il répand sa couleur blâfarde
Ouvre des abîmes profonds ;

La nuit descend dans sa robe de ténèbres
La lumière se dissipe, le noir.
Anéantis les rêves, envolées les promesses
Tombé au fond du gouffre, l'espoir.

Juge interminable et pernicieux
Il impose sa loi dans un élan funeste
Vainqueur d'une lutte inégale
Ivre de malfaisance

Alors le silence.
Sandra Lartigue
Reflet sombre

Gouffre noir de l'isolement,
Grand désespoir au gré du vent ;
Indigne de la vie et du simple bonheur,
La vraie douleur n'est qu'intérieure,
La vraie chaleur n'existe pas.
Mais il entend parfois ses pas ;
Seulement ils ne lui sont pas destinés
Et vont vers une autre destinée.

Elle doit être plus douce et plus belle
Mais, lui, reste seul, entouré d'un gel,
Celui de l'absence,
Celui de l'indifférence.

Face à son ombre à deux visages,
Dont la vie est faite de dérapages,
Faite de rien, faite de tout,
Du rien de la douleur tiède qui rend fou
Du tout de la chaleur qui va et qui vient,
Et au loin brille la lumière d'un bien
Mais ce phare est beaucoup trop loin,
Alors il reste dans son coin.

Subsiste une flamme
Qu'il craint d'éteindre en une larme
Si jamais les amis qui restent partaient
La porte de sa vie claquerait.

Christine Dutreix
Un Mal étrange

Un jour vous vous sentez faible
Et un autre vous êtes comme prisonnier
Par une sorte de gel
Qui rend soudain noires vos pensées.

Vous êtes peu à peu rongé
Par un monstre sans pitié
Et qui un jour vous punit
D'avoir trop aimé la vie.

Peu importent les causes
Seules nous hantent les conséquences.
Surtout quand est impossible la pause,
Quand irrémédiablement, se poursuit la séance.

Ce mal étrange empêche
Tout espoir
Et dans les yeux laisse
Une lueur noire.
Christine Dutreix
Une voix caresse
un esprit blessé
une nuit d'ivresse
ombre délaissé
un autre regard
encore pour nulle part
la peur l'étreint
un mal l'atteint
il faut dépasser
la tendance au remord
il y a échappé
cet enfant qui dort
elle le sait: à Lui
s'offre une autre vie
Il sera le miroir
Vivant de tant d'espoirs

Va, petit, Va

Marie-Cécile Masdounier
Constat

L'infiniment est pertubé:
Le grand par le petit.
Les données sont changées:
Le danger frôle l'envie.
Voilà nouvelle épidémie
qui s'attaque à nos lits !
Nos alcôves tamisées,
les soupirs de la couette,
Teintent le verbe aimer
d'expirations muettes.

L'infinie abstraction
par l'infirme avorton
se trouve compliquée.
Elle doit abandonner
un peu de son ivresse
ne point trop s'emporter
dans ses folles caresses
et brandir sans peurs
les goûts et les couleurs
de l'amour du bonheur
et du mince protecteur...
Lucille Degot
Qui n'a pas un jour prononcé le moindre rêve d'amour ?
Amour, ce petit mot qui berça longtemps nos coeurs d'adolescents
Mais qui, aujourd'hui, s'assimile au danger.
Non plus au danger d'y perdre la tête
Mais plutôt à celui d'y perdre la vie.
Ce désir d'aimer n'est plus possible en toute liberté,
Une raison à cet état de fait ?
Une souffrance, une solitude, un abandon, un virus : sida
Il conduit nos corps emplis d'amour vers le trépas...
Guide chacun de nos excès de tendresse vers l'au-delà...
Pendant combien d'années encore,
Nous faudra-t-il, en faisant l'amour, penser à la mort ?
Karine Meshoub
Dans l'obscurité une étoile brille encore, vacillante mais résistante, qui jette partout ses feux, déchaine ses battements ; un cri, des cris, la révolte de la vie. Jusqu'au bout elle luttera, rejetant toute peur, repoussant l'ennemi jusqu'à l'éliminer. Elle s'est éteinte avant, ayant épuisé toutes ses forces. Mais d'autres étoiles brillent toujours, poursuivant le combat, poussant sans cesse plus loin les limites de la nuit, dissipant les ombres dans leur quête insatiable d'une issue au cauchemar.
Sandra Lartigue

Fin De Siècle, 39E rue Camille Guérin, 87000 Limoges, France.
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Copyright © 1996 S. LAURENT, revue le dimanche 15 septembre 1996